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Des recherches exhaustives réalisées
au cours des deux dernières décennies
ont démontré que l’application
de liquides dans une masse de déchets
peut accélérer et améliorer
le processus de dégradation biologique
de celle-ci, réduisant ainsi le temps
requis pour atteindre une stabilisation des
résidus enfouis dans un lieu d’enfouissement. En effet, tel que documenté
dans de nombreuses études, la stabilisation
des déchets (i.e. la transformation
de déchets en solides inertes et stables)
est de deux à cinq fois plus rapide lorsque
des liquides y sont injectés. Une
stabilisation plus rapide diminue également
l’impact environnemental à long
terme, tout en procurant des bénéfices
appréciables en termes d’espace
récupéré, de valorisation
des biogaz et de gestion du lixiviat.
Le concept du bioréacteur consiste
principalement à appliquer des liquides à la
masse des déchets, généralement
du lixiviat récupéré
sur le site et, si requis, d’autres
liquides. Des réseaux de distribution
du lixiviat assurent une répartition
relativement uniforme dans les déchets,
tandis que des aménagements permettent
de récupérer les biogaz formés
par la dégradation accélérée. |
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| Le concept du bioréacteur est une
technologie émergente qui résulte
d’investigations entreprises par le
prédécesseur de l’EPA
américain, le Bureau of Solid Waste
Management. Ces études visaient à
identifier des méthodes permettant
de réduire la quantité de déchets
enfouis en maximisant la conversion biologique
de la matière organique en biogaz.
Plusieurs de ces études significatives
évaluèrent la recirculation
de lixiviat comme pratique de gestion des
lieux d’enfouissement de matières
résiduelles. Ces études démontrèrent
qu’il est techniquement envisageable
d’accroître la stabilisation des
déchets et la production de biogaz
en contrôlant l’environnement
interne d’un lieu d’enfouissement
par des changements relativement simples dans
les modalités opérationnelles.
Depuis l’acceptation de la réglementation
américaine relative aux décharges
pour déchets municipaux en 1993, plusieurs
projets pilotes de recirculation de lixiviat
et de bioréacteurs ont vu le jour.
Diverses recherches internationales, notamment
au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et
en Suède firent progresser davantage
la technologie, de sorte que les paramètres
de conception et d’opération
sont maintenant suffisamment connus pour permettre
l’implantation d’un tel concept
sur une base opérationnelle permanente.
L’acceptation récente de deux
projets majeurs par l’EPA américain
consacrent l’approche bioréacteur
comme une technologie d’avenir dans
le traitement des matières résiduelles. |
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Les sites avec bioréacteur présentent
plusieurs bénéfices environnementaux
et financiers au cours de leur durée
de vie. La liste ci-après donne un
aperçu des principaux avantages que
procure cette technologie :
Production de biogaz accrue
La production de biogaz dans un bioréacteur
est accrue due à une accélération
du processus de dégradation biologique
et à la réinjection de la
matière organique contenue dans le
lixiviat pour sa transformation en biogaz.
La gestion du biogaz peut être réalisée
plus efficacement et sa valorisation devient
commercialement viable. De plus, le brûlage
des biogaz élimine les gaz à
effet de serre de même que les autres
émissions potentiellement nocives. Comme
la distribution plus efficace des liquides
réduit les zones déficitaires
en humidité à l’intérieur
de la masse de déchets, la quantité
totale de biogaz extraite est supérieure
à un lieu conventionnel. De plus,
le biogaz est essentiellement produit sur
la vie active d’un site, réduisant
ou éliminant même la production
de biogaz post-fermeture.
Qualité du lixiviat
Divers résultats démontrent
que les charges en matières polluantes
des lixiviats provenant des bioréacteurs
tendent à être inférieures
aux sites conventionnels et à diminuer
dans le temps et ce, de façon rapide
après la fermeture du site. Les charges
réduites résulteraient d’une
plus grande transformation de la matière
organique en biogaz, d’une dégradation
accélérée et d’une
stabilisation plus rapide des déchets.
De plus, le lixiviat recirculé est
une source de liquide, d’éléments
nutritifs et de matière organique,
tous requis au processus de dégradation
de la matière organique.
Quantité de lixiviat
Les quantités de
lixiviat à traiter sont inférieures
pour un bioréacteur comparativement
à un site conventionnel. Ce phénomène
résulte de plusieurs facteurs dont
une utilisation supérieure de la
capacité d’absorption des déchets
et de la consommation de liquide pour la
production de biogaz. Les besoins en traitement
sont donc inférieurs, réduisant
les rejets potentiels tout en procurant
des économies d’opération.
La durée du traitement post-fermeture
se trouve également réduite.
Tassement accéléré
Les sites bioréacteurs subissent
un tassement accéléré
des déchets permettant une récupération
d’espace sur la durée de vie
active du site (au lieu d’une durée
prolongée sur la période postfermeture
d’un site conventionnel). Cette récupération
d’espace peut représenter 35
à 50% du volume utile du site réduisant
d’autant les besoins d’agrandissement
futurs. La stabilité à long
terme du recouvrement final est ainsi améliorée
due au plus faible tassement observé
après fermeture. Le tassement accéléré
s’explique par plusieurs facteurs,
dont l’activité biologique,
la dissolution de la portion soluble des
déchets, la compaction plus élevée
des couches inférieures due au poids
accru des déchets sus-jacents et
au transport de particules fines par les
liquides vers des vides plus importants.
Gestion postfermeture
et risques environnementaux réduits
Une fois les déchets stabilisés (moins de
dix ans après la mise en œuvre du bioréacteur),
ils ne sont plus sujets à une augmentation
d'activité biologique ni à un tassement
significatif. Des études de modélisation
démontrent en effet qu'au moins 83% des
déchets sont stabilisés à la fermeture et
que la balance le sera dix ans après
la fermeture. La production de biogaz est
essentiellement complétée après cette période
de même que le tassement. Avec la diminution
rapide des charges du lixiviat, les impacts
potentiels à long terme du bioréacteur et
son passif environnemental diminuent grandement.
Élimination des gaz à effet
de serre
Le captage des biogaz se fait de façon progressive
au cours de l'enfouissement des déchets,
au lieu d'être implanté seulement lors de
l'atteinte du niveau final. Cette façon
de faire améliore le captage des biogaz
pendant toute la durée de vie utile du site
et, avec leur valorisation ou leur élimination,
réduit d'autant la production de gaz à effet
de serre. |
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